Réserves alimentaires – CSA

Les réserves alimentaires sont un outil important, mais négligé pour faire face aux crises alimentaires. Jusqu’aux flambées des prix des denrées alimentaires successives depuis 2007-2008, les réserves alimentaires étaient considérées comme inappropriées, inefficaces et coûteuses par rapport aux mécanismes de (plus) libre marché. Ces dernières années, les limites des marchés ainsi que la forte volatilité des prix alimentaires sur les marchés internationaux et l’augmentation des risques de manque de disponibilité pour les pays en voie de développement importateurs d’aliments ont ravivé l’intérêt et les débats sur les réserves alimentaires.

Depuis 2011, la volatilité des prix des denrées alimentaires a été abondamment discutée au sein du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), ainsi que durant les conférences ministérielles annuelles de la FAO de 2012 et 2013 sur les prix des denrées alimentaires. Les gouvernements nationaux, les conseils villageois et certaines organisations paysannes dans de nombreux pays en voie de développement ont réinstallé des systèmes de stockage alimentaire ; parfois à un niveau très local, parfois au sein de politiques nationales voir régionales de sécurité alimentaire. Cependant, le débat international au sujet des réserves alimentaires demeure difficile.

Malgré les recommandations du rapport du HLPE (Groupe d’experts de haut niveau) sur la volatilité des prix alimentaires, le rapport final de la 37e session du CSA sur la volatilité des prix alimentaires ne mentionne que trois fois les réserves alimentaires :

  • Demander aux organisations internationales concernées, en concertation avec toutes les parties prenantes pertinentes, d’évaluer plus avant les contraintes et l’efficacité qui caractérisent les réserves alimentaires locales, nationales et régionales;
  • Approuver les efforts que le G-20 a demandé au Programme alimentaire mondial (PAM) et à d’autres organisations et partenaires internationaux (notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest [CEDEAO] et les pays d’Afrique de l’Ouest) pour qu’ils apportent leur appui à la mise en place en Afrique de l’Ouest d’un projet pilote concernant une réserve alimentaire humanitaire d’urgence, régionale et ciblée, qui soit conforme à l’annexe 2 de l’Accord de l’OMC relatif à l’agriculture;
  • Demander que les organisations internationales, en consultation avec les parties prenantes compétentes, élaborent un cadre pour un projet de code de conduite volontaire relatif à la gestion de réserves alimentaires humanitaires d’urgence, devant être examiné plus en détail par le CSA; (CSA 2011)
    La première occurrence est dans la section concernant les mesures préventives visant la réduction de l’instabilité des prix ; les deux autres dans celle visant à atténuer les répercussions négatives de l’instabilité, quand elle se produit.

Malheureusement, peu de progrès ont été faits mis à part la mise en place d’une politique de réserve alimentaire régionale en Afrique de l’Ouest. Les deux autres recommandations restent encore à concrétiser.